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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 03:59

Histoire tirée de 90 Histoires pour les catéchistes I, I. Les vertus théologales, L'Ermite, Pierre

 

Avant-​hier, un jeune scout est venu à la crèche de Sainte-​Odile, avec sa mère, au sor­tir de la classe.

 

L’église est presque déserte… L’enfant arrive le pre­mier, regarde, et, subi­te­ment, sur la pointe des pieds, retourne vers sa maman : « Vite… Viens voir ! » Et la maman aper­çoit ceci : un amour de petit chat, tout pelo­tonné sur lui-​même, dort dans la paille, sa tête appuyée sur celle de l’Enfant-Jésus !

 

Il dort d’un som­meil pro­fond, confiant, comme s’il avait trouvé le havre suprême de la paix !

 

La scène est si char­mante que le scout et sa mère res­tent là, silen­cieux, dans une sorte de contem­pla­tion… Puis le vicaire arrive… et quelques autres per­sonnes. On leur fait signe de mar­cher dou­ce­ment… très dou­ce­ment… pour - c’est le cas de le dire - ne pas réveiller le chat qui dort !

 

Il n’est pas gras, le pauvre matou ! C’est pro­ba­ble­ment un de ces mal­heu­reux qu’on vient jeter sur le ter­rain vague de la zone et qui meurent sou­vent de faim, de froid et par­fois de coups… Celui-​ci ne mourra pas ainsi, car déjà une dame offre de l’adopter. Il ne sera pas dit qu’une créa­ture du bon Dieu, réfu­giée auprès de l’Enfant-Jésus, dans le même dénue­ment que lui, n’aura pas trouvé un bon cœur pour le secourir !

 

chat-creche-2-300x210.jpg

 

Mais voici qu’une porte se referme brus­que­ment… Le petit chat se réveille en sur­saut. Il ouvre des yeux effrayés… Tout ce monde autour de lui ! Ne va-​t-​on pas le prendre, le jeter en l’air comme font sou­vent les voyous ? Le mar­ty­ri­ser… le tuer ? Il a vu peut-​être sur la zone des brutes assom­mer ses frères à coups de pieds et à coups de pierres, pour s’amuser !

Pour­tant, peu à peu, il se ras­sure. Ses oreilles, pla­quées en arrière, dans un sen­ti­ment d’effroi, se redressent en avant… Une douce main de femme s’est éten­due vers lui, le caresse, le prend, réchauffe son petit corps bien maigre, tout transi de froid. Et une autre main s’approche pour la même caresse. Le scout, bien­tôt, vient l’embrasser… Quant au bon abbé, il est déjà parti cher­cher un peu de lait.

 

Alors un tout petit ron­ron monte du pauvre corps… le pre­mier peut-​être de sa vie de misères. Et, avec des yeux main­te­nant ras­su­rés, le petit chat regarde tous ces gens qui paraissent ne lui vou­loir que du bien.

 

« Maman, s’écrie le scout, il faut l’emmener chez nous ! Ce sera ma B.A. d’aujourd’hui ». « Cer­tai­ne­ment », répond la mère sans la moindre hési­ta­tion. Mais si elle avait dit non, la pre­mière dame main­te­nait son offre ! Et l’abbé, lui aussi, était prêt à adop­ter ce petit parois­sien au poil angora, blanc et feu. En enten­dant le vicaire me racon­ter cette scène d’une voix émue, je pen­sais à ce qu’aurait dit aux fidèles de son temps, Fran­çois d’Assise, qui aimait tant les ani­maux… « Faites comme ce petit chat, aurait dit le saint ; voyez quel exemple de confiance il nous donne ! Au milieu de la détresse la plus extrême, allez vous réfu­gier auprès de Celui qui a dit : « Venez à moi vous tous qui souf­frez et je vous revi­go­re­rai ». Et il aurait ajouté : « Pas un oiseau ne tombe sur la terre sans la per­mis­sion du Père qui est dans les cieux, ni même un petit chat ! De son temps Jésus citait le cep de vigne et le grain de sénevé… Aujourd’hui c’est le tout petit chat qui vous dit de sa part : « Espé­rez tou­jours, espé­rez quand même ! Les nuages passent, le ciel reste… »

 

Et moi j’ajouterai aujourd’hui : « Merci, petit chat, pour la belle leçon que tu nous donnes ! ».

 

Pierre L’Ermite

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